
Je le porte en moi et ne peux plus te le dire
Il est déjà trop tard pour toi et trop tôt pour tous les autres
Mes yeux voyaient et mon cœur se voulait aveugle
Pauvre cœur mangé de flammes d’un côté
De l’autre inondé de larmes de sel
Me figeant en statue
L’adieu qui ne peut se dire
Je le porte en moi comme un vase brisé
Les morceaux ne peuvent se recoller
Le vase est toujours là mais vide
J’y avais mis des fleurs de tendresse
Car je t’ai aimé comme on aime peu
Mais qui le sait désormais ?
L’adieu qui ne peut se dire
C’est aux étoiles qu’il faut l’adresser
Elles qui nous regardent passer
Mes sœurs inconnues dans l’immensité
Poussière dans l’œil de l’univers
Elles aussi m’ont oubliée
L’adieu qui ne peut se dire
A brûlé et dévasté mon cœur
Avec le charbon qui reste
Je peins des portes et des fenêtres
Pour laisser entrer la pulsation du monde
Dans ma gorge obstruée
Tu m’as portée pour me donner à la vie
À présent la lumière de ton jour reflue
Tu te réfugies dans les ombres et t’effaces
Te retire de mon âme par vagues successives
Et mes châteaux de sable s’effondrent
Leurs formes avalées par la nuit
L’adieu qui ne peut se dire
Est la flétrissure d’une blessure
De celles dont tu voulais me guérir
Quand autrefois tu m’ouvrais ta porte
Désormais pour écrire un mot
Je n’ai plus la lueur de ton feu
Tu fis mon orgueil de paon par ta fierté
Permets à cet oiseau dépouillé
De me prêter sa plume
Quand ma chandelle vacille
Et sauf à ne plus me souvenir
De l’amour qui fut lumineux
Je dois désormais te l’écrire
Adieu
