Ravie d’un poème dit de Verlaine,
je portais les masques paysagers
dans les jardins embaumant la verveine,
tout n’était las qu’un songe passager.

Sans savoir l’ombre marchant auprès d’elles,
passent pressées passantes adorées.
Ainsi déjà en fantômes d’ombrelles,
leur forme s’apprête à s’évaporer.

Ma vie je n’ai pas voulu prêter,
préférant la jouer naturelle
quitte à sembler un peu empruntée,
dans mes envolées de tourterelle.

J’ignorais qu’à l’abri de leurs loges,
les spectateurs n’ont jamais d’éloges,
pour une histoire qui ne s’engage,
à donner livre de vie en gage.

Une heure ou plus passée sur la scène,
la pièce n’en est pas moins bouffone.
En vain tous les acteurs se démènent,
de fleurs fânées sera leur couronne.

Aux grelots des sots regrets je grelotte,
souriant faux aux parques embusquées,
Mais déjà trop dévidée ma pelote,
cessera bientôt de les offusquer.

Le temps s’en va sans se soucier,
quand devra sonner l’heure au clocher.
Le temps s’en ira que vous jouiez
bien ou mal est égal au cocher.

Pourtant, le monde tourne où il nous mène,
d’une vie à l’autre les faces changent.
Qu’hier à aujourd’hui tous nous emmène,
je m’efface l’espace d’un échange.